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Forêt

Si depuis plusieurs décennies le promeneur ou le mycologue constate que la déprise rurale a généré l’expansion de la forêt sur la commune de La Pesse, il faut savoir que l’espace sylvicole répond néanmoins à des règles de gestions strictes.

 

Le boisement de la commune représente une surface de 1063 ha ce qui correspond à 44 % de sa surface totale (soit 2426 ha). Ces chiffres nous invitent à comprendre quelle est la structure des parties boisées de la commune. Force est de constater que sur l’ensemble du boisement la forêt privée domine largement la surface occupée avec 880 ha contre 135 ha 04 de forêt communale. Si des modes d’exploitation des bois (résineux) peuvent varier entre les 2 types de propriétaires à ce jour l’ ensemble tend à se conformer au principe de la forêt jardinée pratiquée depuis 1881 en jardinage par volume pour ce qui concerne l’ ONF et en jardinage par pied d’arbre ou futaie régulière auparavant. (le premier document d’aménagement date de 1864 pour 116 ha 07 de forêt communale).

 

La spécificité de la forêt jardinée dans cette zone de l’extrême sud du massif jurassien a pour objectif la régénération permanente de la forêt. On ne fait donc jamais (dans ce mode de gestion) de coupe complète de la parcelle. L’origine de cette pratique est héritée de l’utilisation d’une forêt paysanne devant répondre aux besoins successifs de chaque génération d’habitants en matière de bois (charpente, chauffage, constructions diverses).Cette méthode rare existe encore en Suisse et en Europe Centrale par opposition à la mise à nu du terrain forestier ; elle correspond à un attachement culturel et répond au besoin de prélèvements liés à l’accroissement des volumes. De plus ce principe permet des inventaires périodiques et le suivi de l’estimation des cubages.

 

En résumé le mode de gestion en futaie jardinée doit conduire dans l’idéal à obtenir un maximum de générations de bois sur un minimum d’espace au sol.
En dehors de la forêt soumise ce sont 165 propriétaires privés qui détiennent 601 parcelles sur la commune soit une surface moyenne de 1 ha 46 .
La situation de la forêt à la Pesse est globalement constituée de la même façon que la forêt Franc-Comtoise qui recense 160.000 propriétaires et la restructuration de 23 communes du Haut-Jura comptabilisent 21.000 ha de forêt privée sur 27.000.
L’ ADEFOR 39 pour le Haut-Jura est composée du CRPF (Centre Régional de la Propriété Foncière) et de la Chambre d’ Agriculture qui sont des organismes d’aide et de conseil en gestion du patrimoine forestier privé.

 

Tout comme l’O.N.F. ces « agences » soutiennent, y compris financièrement, les initiatives liées à l’exploitation en vue de mobiliser des quantités et volumes en gérant au mieux une production dont la qualité doit demeurer en constante progression. Les plans de développement de massif s’intègrent à la mission correspondant aux impératifs environnementaux notamment à travers une collaboration avec le PNR du Haut-Jura.

 

Le processus évoqué ci-dessus trouvera ainsi un environnement forestier public ou privé qui est constitué d’essences communes à toutes les zones boisées. Nous notons que la forêt communale s’étage entre 920 m d’altitude pour le point inférieur jusqu’à 1270 m pour la limite supérieure.
Si la commune de La Pesse tient son nom de l’ Epicéa et ce de façon officielle depuis 1907 il peut paraître surprenant que dans la forêt communale c’est le sapin pectiné qui représente 57 % des 3 essences principales. On le trouve dans le massif profond, il est moins exigeant en lumière que l’épicéa et puise son eau profondément grâce à un système racinaire complémentaire.
Le pré-bois et le reboisement sont occupés à hauteur de 35 % par l’épicéa qui s’étage aux altitudes égales ou supérieures à 800/900 m et nécessite pour sa croissance lumière et eau de surface abondante.
Enfin 8 % de la forêt comunale est composée de hêtres.

 

La forêt privée issue en partie de l’abandon des activités agricoles se compose des mêmes essences dans des pourcentages approximativement similaires. Aujourd’hui plus aucune plantation de résineux n’a lieu sur le territoire sauf dérogations délivrées très parcimonieusement par les autorités compétentes bloquant ainsi l’extension du boisement.
La filière bois recense aujourd’hui 20.000 emplois en France, et, pour les communes rurales il faut savoir que la mobilisation de 300 m3 représente un équivalent temps plein à l’année (toutes professions forestières confondues).

 

En contrepartie de la ressource financière que représente l’exploitation forestière il faut tenir compte des charges d’investissement en matière de travaux divers (dessertes, nettoiement, sélection d’essences, conformité etc…….)

 

Quelques valeurs écologiques et esthétiques se trouvent dans tous les patrimoines forestiers en opposition avec les données économiques liées à l’exploitation forestière notamment en matière de débardage qui a un impact délicat et mérite d’être maitrisé dans le cadre d’une mécanisation utilisant des engins de plus en plus lourds et performants.

Dernière mise à jour: avril 2012