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Forêt

La Pesse est en bonne partie recouverte d’une forêt à l’aspect très naturel, mais qui est en fait exploitée suivant des règles de gestion strictes.

Composition

Forêt vue depuis la Perrière

Forêts de la Perrière et du Chapuzieux

Le boisement de la commune représente une surface de 1063 hectares, soit 44 % de sa surface totale (2426 ha).

La forêt privée domine largement la surface occupée avec 880 ha contre 135,04 ha de forêt communale en 2012. Elle est répartie entre 165 propriétaires privés, qui détiennent 601 parcelles soit une surface moyenne de 1,46 ha.

La forêt communale, dont le premier document d’aménagement date de 1864 pour 116,07 ha à l’époque, s’étage entre 920 m à 1270 m d’altitude.

Si la commune de La Pesse tient son nom de l’épicéa, dans la forêt communale, c’est le sapin pectiné qui représente 57 % des 3 essences principales. On le trouve dans le massif profond: il est moins exigeant en lumière que l’épicéa et puise son eau profondément grâce à un système racinaire complémentaire. Le pré-bois et le reboisement sont occupés à hauteur de 35 % par l’épicéa que l’on trouve à partir de 800/900 m d’altitude et nécessite pour sa croissance lumière et eau de surface abondante. Enfin 8 % de la forêt communale est composée de hêtres, appelés ici foyards.

La forêt privée, issue en partie du recul des activités agricoles, se compose des mêmes essences dans des pourcentages similaires. Aujourd’hui plus aucune plantation de résineux n’a lieu sur le territoire sauf dérogations délivrées très parcimonieusement par les autorités compétentes, bloquant ainsi l’extension du boisement et protégeant les paysages de pré-bois et de combes.

Un espace exploité

Si des modes d’exploitation des bois résineux peuvent varier entre la forêt privée et la forêt publique, de plus en plus de parcelles sont désormais exploitées en futaie jardinée, une pratique ancestrale dont on retrouve des traces écrites dès 1881.

La futaie jardinée a pour objectif la régénération permanente de la forêt, en équilibrant ses fonctions écologiques, économiques et sociales et en laissant croître sur une même parcelle des arbres d’âge et d’essence différents, avec des coupes très sélectives tous les 10 à 12 ans. L’origine de cette pratique se trouve dans l’exploitation d’une forêt paysanne, qui devait répondre aux besoins successifs de chaque génération d’habitants en matière de bois (charpente, chauffage, constructions diverses). Cette méthode a perduré dans le massif Jurassien, en Suisse et en Europe Centrale alors que dans d’autres régions, la mise à nu du terrain forestier est encore pratiquée. Aujourd’hui reconnue comme durable et performante, elle répond au besoin de prélèvements prévisibles de bois de qualité, tout en conservant un milieu riche et diversifié pour la faune et la flore.

Gestion de la forêt

L’ADEFOR 39 pour le Haut-Jura est composée du CRPF (Centre Régional de la Propriété Foncière) et de la Chambre d’Agriculture, qui sont des organismes d’aide et de conseil en gestion du patrimoine forestier privé.

Tout comme l’ONF pour le domaine communal, ces acteurs soutiennent les initiatives visant à améliorer l’exploitation, avec des objectifs de qualité de bois et de gestion durable. Car la forêt est un enjeu économique: il est estimé que la récolte de 1000 m³ de bois induit un emploi équivalent temps plein à l’année (toutes professions forestières confondues), et sur le territoire de La Pesse, toute la filière bois est représentée. Pour bénéficier des produits de l’exploitation forestière, des investissements importants doivent être consentis en matière de travaux forestiers (dessertes, nettoiement, sélection d’essences, conformité etc.).

Les plans de développement de massif permettent aussi d’intégrer des impératifs environnementaux, notamment à travers une collaboration avec le PNR du Haut-Jura. Les fonctions écologiques et sociales, qui font de la forêt un espace privilégié pour la faune comme pour une multitude d’usages de loisirs, sont de mieux en mieux reconnues et prises en compte dans la gestion forestière. Sur ce plan, nous sommes à la croisée des chemins, entre l’utilisation d’engins de plus en plus lourds et puissants, ou le débardage au cheval de trait, qui reste le plus efficace sur certaines parcelles peu accessibles…

Dernière mise à jour: octobre 2017