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Vœux du conseil municipal pour 2018 : compte-rendu des échanges

Claude Mercier présente les vœux du conseil municipal, et notamment le vœu commun que notre village et plus globalement notre territoire puisse aller de l’avant. Après un clin d’œil amical à notre maire Francis Moricheau disparu il y a un an, il explique que le conseil municipal élargi avec l’arrivée de 3 nouveaux conseillers et restructuré souhaite, à travers ce rendez-vous traditionnel, poursuivre sa démarche d’ouverture initiée avec les commissions jeunesse, démocratie locale et Relais des skieurs qui sont ouvertes à toutes et tous.

Il ne s’agit pas uniquement de faire le bilan de l’année écoulée, qui fait l’objet de communications tout au long de l’année dans l’R de La Pesse et sur le site de la commune, même si le conseil municipal présente ses excuses pour les projets qui n’ont pu aboutir cette année (notamment la réfection de l’aire de jeux et celle de la salle communale). L’intérêt de cette rencontre annuelle est surtout d’écouter les questions et avis des participants pour éclairer les décisions à venir.

Pour lancer ces échanges, il est proposé de partir du constat que notre village est entré dans une phase de « transition », que cela soit dans les économiques, touristiques ou agricoles, à différentes échelles (du cas particulier de familles ou de commerces au territoire Haut-Jurassien, en passant par nos communes voisines). Il s’agit pour le conseil municipal et plus globalement la commune de relever la tête du guidon, de mesurer combien notre situation impose des solutions nouvelles et de décider ensemble d’une trajectoire pour les années qui viennent, afin de retrouver un équilibre moins fragile.

Après quelques minutes de flottement dans la salle, Jean-Michel Poncet intervient pour partager le bilan du projet d’Éric Barone (éco-lodges de luxe derrière l’Embossieux, sur La Crête, en face des Darappes), qui a été imaginé en 2011 et qui ne s’est pas concrétisé. Le projet était pour lui intéressant mais difficile à financer, avec un positionnement très haut de gamme. La réduction du projet a été envisagée, puis il a été abandonné par Éric Barone. D’autres investisseurs pourraient le reprendre, sachant que les différentes études menées restent pertinentes. Michel Prost trouve que ce projet était un parachutage, qui ne correspondait pas au tissu actuel des services proposés ou à la dynamique du village.

Raphaël Grenard demande à quoi sert le feu tricolore de la rue de la Fruitière. Le feu vert a été changé en clignotant orange : du fait du rétrécissement de la voie par les stationnements en été, si l’automobiliste descendant la rue respecte la limite et laisse le feu au vert, il aurait pu avoir l’impression d’avoir la priorité sur le passage piéton ou sur les automobilistes déjà engagés dans le passage à une voie, ce qui pouvait être accidentogène et engager la responsabilité communale. Plus tard, Loïc Grenard interroge le conseil municipal sur la réduction de la vitesse autour de l’Embossieux (qui a failli compromettre l’obtention d’agrément d’assistante maternelle de Noémie Charmette) : la question de la vitesse est complexe, ni les aménagements, ni la réduction de vitesse, ni des contrôles plus fréquents ne solutionnant à eux seuls cette problématique, mais d’autres réflexions sont en cours pour favoriser les mobilités douces et une meilleure cohabitation des usagers de cet espace public, que cela soit au village ou à l’Embossieux.

Jacques Rousset demande ce qu’il en est de la démolition des anciens garages communaux et du projet de locaux d’accueil commerciaux, artisanaux de services (LACAS). Ce projet est porté par la Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude, qui a lancé une étude de programme permettant de définir sa dimension et les activités envisagées. Cependant, la question du financement reste entière, notamment pour proposer aux entreprises des loyers abordables. Le prochain conseil municipal devra trancher sur la démolition des garages communaux, initialement prévus pour être engagés dès le déménagement dans le Centre technique municipal. Cependant, la commune souhaite maintenir l’activité d’Antipodes à La Pesse et la partie du bâtiment libérée par le déménagement dans le CTM pourrait être réutilisée par d’autres artisans ou entreprises, ce qui pourrait motiver une réhabilitation plutôt qu’une démolition.

Denis Gilles revient sur la transition à travers le reportage sur Ungersheim, commune dans laquelle une démarche a été engagée avec 21 objectifs à atteindre en 4 ans. Il y a un parallèle à faire avec La Pesse, malgré la différence de taille de population. Pour lui, développer la solidarité et la volonté des habitants est ce qui favorisera la transition : même une petite équipe peut impulser des projets importants, comme le montre notre vie associative. Les budgets diminueront, les urgences se présenteront, il faudra trouver des solutions. Il propose d’organiser des réunions pour développer ces projets (jardins partagés, logement accessibles pour les habitants, ateliers partagés, chantiers participatifs au Relais des skieurs). Les sujets écologiques (au cœur du Parc naturel régional), énergétiques (développement du recyclage, valorisation du bois, covoiturage) et sociaux (accueil des jeunes foyers, vie associative, échanges intergénérationnels) sont liés et on ne doit pas attendre que les solutions tombent du ciel…

Elsa Prost se félicite de l’ouverture de certaines commissions, auxquelles elle a participé. Elle indique que le groupe de travail du Relais des skieurs est encore bien actif, et qu’à titre personnel elle veut s’investir avec d’autres dans un projet qui est en train de se dessiner. Pour faire de ce bâtiment existant un lieu de partages et de rencontres ouvert au plus grand nombre, l’idée serait d’intégrer d’autres fonctions (par exemple cantine, atelier partagé, jardins, ressourcerie, café, transformation alimentaire, accueil des enfants, etc). Catherine Comby désire en savoir plus sur ce projet et souhaite savoir où en est la démarche initiée avec les associations pour animer le lieu cette saison. Les personnes intéressées peuvent rejoindre le groupe de travail qui dispose maintenant d’un espace en ligne pour partager les réflexions. 3 associations se sont portées volontaires pour assurer des ouvertures au public avec buvette et petite restauration cet hiver : l’Association des parents d’élèves, le Comité des fêtes et l’Union Sportive et culturelle. Elles solliciteront bientôt les coups de main de leurs bénévoles.

Loïc Grenard demande où en est le projet de vestiaire de foot : Jérôme Grenard indique que les priorités ont été bouleversées cette année suite au départ d’encadrants du club. Le projet est donc à l’arrêt, mais pas abandonné, et il est souhaité qu’il ne se limite pas au foot mais puisse être utilisé par d’autres activités.

Marion Sevessand revient sur le forum intercommunal des associations, dont une première édition a été organisée en septembre. La démarche lui semble à encourager et à renouveler, pour valoriser les activités présentes sur nos territoires et permettre leur développement.

Participants aux voeux du conseil municipal de La Pesse pour 2018Guy Verguet demande où nous en sommes sur le rapprochement des communes. La question a mobilisé plus en 2016 qu’en 2017, l’obligation de fusion affichée pour 2020 étant progressivement abandonnée par l’État. Ceci étant, les rencontres régulières entre les maires permettent toujours d’échanger sur les différents projets communaux et les opportunités de s’associer pour les mener à bien sont étudiées de plus en plus systématiquement, avec l’idée qu’un rapprochement se fera si des projets structurants le nécessitent. Jérôme Grenard, maire des Bouchoux, confirme que la réflexion à l’échelle des 4-5 communes se développe, que les élus prennent de nouvelles habitudes de partage et d’échanges.

Jean-Pierre Lozneanu indique que sans être expert de ces questions institutionnelles, la levée de l’épée de Damoclès d’une fusion forcée permet de continuer à mettre en commun les réflexions sur des sujets concrets, ce qui est plus intéressant qu’une fusion administrative. Jean-Yves Comby et Claude Mercier indiquent que ces échanges seront d’autant plus importants en 2018 : sur les écoles, une classe est menacée aux Moussières, La Pesse et les Bouchoux ne sont pas directement concernés cette année mais pourront l’être l’année prochaine… La démarche face au Ministère de l’Éducation se fait à 5 communes et 2 syndicats intercommunaux à vocation scolaire (SIVOS), ce qui est nouveau.

Thomas Grenard explique que le centre de loisirs des Moussières, financé par le SIVOS des Moussières mais largement utilisé par des familles des villages des Bouchoux et de La Pesse, devra trouver un autre mode de financement pour se pérenniser, d’où la proposition de fusion de SIVOS faite par le conseil municipal des Moussières. Claude Mercier répond que cela rejoint en effet la problématique de l’accueil des familles et du financement des services situés dans une commune mais intéressant tout notre territoire.

Philippe Vuillermoz indique que pour l’école, la question du logement disponible en locatif à l’année pour des jeunes qui souhaitent s’installer est capitale. Il nous faut trouver des solutions : le dynamisme économique ne fait pas tout si nous ne pouvons pas loger les personnes qui travaillent sur la commune.

Jean-Michel Poncet rejoint les avis de Philippe Vuillermoz sur le problème du logement et de Denis Gille sur la transition, il s’agit effectivement de réunir les énergies et sélectionner quelques projets d’intérêt pour engager cette dynamique.

Noël Dubois indique qu’en matière de transition, l’association de préfiguration de la Fruitière à énergies du Haut-Jura s’est constituée sur la partie sud-est de la communauté de communes, pour développer les énergies renouvelables et citoyennes, sur le modèle des Centrales villageoises. Il s’agira dans un premier temps de trouver des toits pouvant être équipés de panneaux solaires et de constituer une coopérative pour investir dans ces équipements, la production étant vendue à un fournisseur d’électricité et donc consommée sur place. Une réunion d’information et une assemblée générale aura lieu le 26 janvier 2018 à 19h30 à la salle polyvalente des Bouchoux. Claude Mercier indique que la démarche « territoire à énergie positive » engagée par la communauté de communes s’applique ici aussi : Alain Vuillermoz présente rapidement l’audit énergétique en cours pour le Relais des Skieurs et le conseil en énergie partagée, qui nous permettra, comme aux Bouchoux, de mettre en œuvre des économies d’énergie importantes.

Jacques Rousset demande quels sont les résultats des derniers forages devant permettre d’améliorer la qualité de l’eau potable. Joël Vuaillat indique qu’avec 4 forages réalisés, il y a maintenant suffisamment d’eau pour alimenter le syndicat, même si des tests restent à conduire pour connaître le renouvellement de la ressource lors du pompage régulier. Les études pour le raccordement se poursuivront en 2018, mais la qualité de l’eau est très bonne, malgré un petit problème de turbidité dû à une faille.

Jordan Hernandez prend la parole pour remercier la commune pour le projet du Chalam stade, terrain multi-sports conçu et réalisé par et pour les jeunes. Claude Mercier indique que la commune reste ouverte à d’autres projets pour la jeunesse.

Claudine Pochet évoque le tourisme : l’hiver s’annonce bien et les vacanciers sont heureux. Il faut rester dans cette harmonie, la transition doit aussi se faire sur les 3 autres saisons. Sur l’entrée Nord, l’idée d’animer les garages restaurés par des artisans, contribuerait à la valorisation du village. Le Relais des Skieurs reste l’ombre au tableau, même si on peut remercier tous les autres commerçants. La solution de la salle hors sac en gestion libre dans la salle communale sera appréciée en cas de mauvais temps. Claude Mercier revient sur le classement en station verte et village de neige, qui doit être porté par toutes et tous.

Jacques Rousset constate la dégradation du déneigement des routes départementales cet hiver, qui est un facteur important pour l’accueil touristique. Benjamin Sevessand répond que le retour des touristes est plutôt bon, l’équipement des usagers progresse et peu d’accidents ou de blocages sont à déplorer, comparativement à d’autres régions enneigées. Nicole Valette indique que la neige ne pose pas de problèmes, mais que le verglas est dangereux sur certaines voies pour les piétons. Sable, gravier ou chaussures adaptées sont évoqués comme solutions.

Guy Verguet pose la question de la situation de la Route de la Borne au Lion, non déneigée et intégrée au domaine de ski de fond chaque hiver. Sous la menace d’une plainte d’un riverain demandant son déneigement, la mairie a demandé l’appui de la communauté de communes (gestionnaire du domaine nordique), qui a proposé un projet d’arrêté préparé par un juriste et qui interdisait la circulation des riverains en scooter pendant l’ouverture des pistes, de 9h à 17h tous les jours. Cet arrêté n’a pas été pris par le Maire, considérant qu’il n’était satisfaisant pour personne et pourrait tout autant être attaqué en justice. Un arrêté a été pris pour organiser la cohabitation et une convention s’applique cet hiver, mais seul un travail collectif nous permettra de trouver une solution pérenne. Alain Vuillermoz indique qu’une réunion aura lieu le 26 janvier avec les riverains.

Marie-Jo Grenard fait part de son envie de développer le covoiturage, constatant que les Pesserand⋅e⋅s se déplacent bien souvent dans des voitures peu remplies, pour se retrouver au même endroit, qu’il s’agisse d’aller au travail, de se rendre sur des manifestations ou sur les marchés de la région. Julien Carnot indique que cette envie est partagée par le conseil municipal, qui propose déjà quelques liens sur la page Transports du site internet et propose à toutes et tous de participer à une réunion d’information sur les solutions existantes pour les différents types de covoiturage, le mardi 6 février à 18h30, avec l’appui du Parc naturel régional du Haut Jura.

Pour terminer, Claude Mercier demande à Jérôme Grenard de parler de la réalisation d’un four à pain sur roues qui a été réalisé au printemps et à l’été par les habitants des Bouchoux en chantier participatif. Cette belle réalisation a permis à beaucoup d’entre eux de mettre la « main à la terre » et ce nouvel équipement qui sera mis à disposition gratuitement par la commune sera certainement très apprécié sur les manifestations du secteur !

Le conseil municipal remercie tous les participants à cet échange et espère voir de nombreux habitants s’emparer de l’enjeu de notre transition à travers les prochaines commissions ouvertes et réunions qui seront organisées en 2018, avant de les inviter à partager d’abord le verre de l’amitié.