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Textes lus lors de la cérémonie du 11 novembre 2017

Certains d’entre vous ont demandé à pouvoir relire les textes lus lors de la cérémonie du jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, les voici:

Poésie lue par Gaïus

Quand une pluie d’orage arrive,

Le ciel devient tout gris et tout devient sombre.

Soudain des nuages blancs apparaissent

Et l’arc en ciel immense est dans le ciel tout bleu

Et une colombe blanche arrive

Et elle s’envole dans le ciel.

C’est alors que la paix arrive à la fin de la guerre.

Benjamin ROULEZ CM1

Poésie lue par Loane et Siméon

Je me réveille doucement le matin

J’entends les bombardements claquer.

Je m’habille, je sors.

Et je suis sur la première ligne d’affrontements.

Au loin je vois une colombe,

Je me dis : c’est sûrement une lueur pour l’humanité et pour la fin de la guerre.

Je vois les derniers hommes tomber sur le sol,

Ils crient « Non ! Pas maintenant ! »

Et les ennemis partent.

Je dis : la guerre se termine ici.

Alex VERMEULEN CM1

Discours de Claude Mercier, Maire de La Pesse

Il y a 100 ans une troisième année de guerre venait de s’achever et en cette fin 1917 nul ne pouvait en prévoir l’issue. 1917 sera l’année terrible, le tournant de la guerre comme l’a rappelé Madame la secrétaire d’État dans son message.

Les nombreuses tentatives de paix échouent mais l’idée d’une paix durable après la guerre garantie par une organisation internationale progresse très nettement dans les esprits.

Pourtant le conflit ne cesse de se mondialiser. Les arabes se révoltent contre les turcs, l’idée d’un foyer juif en Palestine se dessine.

1917 va ainsi ouvrir le champ des possibles et contribuer à façonner avec d’autres événements le XXe siècle.

Les soldats au front sont bien loin de ces considérations géopolitiques. Ils subissent de plein fouet les effets désastreux des batailles sanglantes aux gains de terrain dérisoires. Toutes les armées sont concernées par les mutineries de 1917. Il y a déjà eu des fusillés pour l’exemple lors des années précédentes mais 1917 voit, dans l’armée française, la condamnation de 3 500 soldats dont 1 380 aux travaux forcés et 550 à la peine de mort. Une cinquantaine d’exécutions sera effective.

Écoutons des extraits de la lettre écrite le 30 mai 1917 par Eugène à son épouse :

« Léonie chérie

J’ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd’hui témoigner de l’horreur de la guerre.

Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées en première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue. Les tranchées s’écroulent sous les obus mettant à jour des corps. L’odeur est pestilentielle.

Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissés exténués et désespérés. Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.

Au Chemin des Dames lorsque j’avançais, les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer. Le champ de bataille me donnait la nausée. La semaine dernière le régiment entier n’a pas voulu sortir de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre. Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J’ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple avec six de mes camarades pour refus d’obtempérer.

Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés à l’aube agenouillé devant le peloton d’exécution.

Dis à notre fille que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et de la vaillance des soldats. Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage. »

100 ans plus tard nous ne sommes guère en mesure de juger ces événements. Pouvons-nous seulement les comprendre ? Je vous invite simplement à faire une place dans votre cœur à la mémoire de ces hommes, combattants courageux depuis de longs mois, morts dans l’infamie.

100 plus tard nous sommes ici devant la liste des victimes pesserandes de cette guerre. Nous ignorons tout de ce que ces soldats ont enduré, de quelle manière ils ont donné leur vie.

A la lecture de la lettre d’Eugène, nous pouvons tenter d’imaginer leur terrible condition d’hommes tombés courageusement.

Ayant pour la plupart d’entre nous vécu dans la paix et la sécurité, n’oublions pas que si la guerre révèle le courage, l’héroïsme et la grandeur, elle est aussi une implacable machine à broyer.

Peut-on l’éviter ? Nous pouvons réfléchir aux paroles du président Wilson prononcées le 2 avril 1917 :

« Le défi est jeté à l’humanité toute entière. Nous ne choisirons pas le sentier de la soumission. La justice est plus précieuse que la paix. Soyons fiers que le jour ait luit pour l’Amérique de se dévouer corps et âmes aux principes qui l’ont formée… »

Aujourd’hui, ici, nous avons la liberté de réunir dans notre mémoire collective, tous les combattants. Quelle qu’ait été leur destinée.

Autorisons-nous un hommage unanime, respectueux et apaisé ainsi qu’un espoir pour tous comme le chante Daniel Fernandez : la paix : la belle, la vraie, celle qui s’enseigne sans que le sang saigne.